mardi 12 février 2013

QUEL EST CE DIEU QUE NOUS SERVONS ?

par Daniel Steen
« Les actions de Dieu sont parfois déroutantes. Il permet des moments « incompréhensibles » et, quand certains événements se produisent, nous traversons des moments de « désillusion ». …
Cette étude a été construite en partie à l’aide du livre: « En colère contre Dieu » de Michèle Novotni et Randy Petersen.

Introduction
Les actions de Dieu sont parfois déroutantes. Il permet des moments « incompréhensibles » et, quand certains événements se produisent, nous traversons des moments de « désillusion ».
C’est dans ces moments-là que l’image que nous nous sommes faite de Dieu se trouve « écornée », voire détruite. Alors, le terme « désillusion » est bien choisi. Cela veut dire que nous nous faisions des « illusions ».
En fait, nous avons besoin d’apprendre à connaître Dieu. D’ailleurs, il est écrit:
« Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. « Jean 7:3
C’est un phénomène très humain de se faire une « idée » ou une « image » de Dieu. Mais alors nous portons en nous cette image et c’est elle que nous annonçons autour de nous par notre façon d’être et de réagir aux événements.
Nous portons et nous annonçons ce qui nous imprègne:
Luc 6/45: « L’homme bon tire de bonnes choses du bon trésor de son cœur, et le méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor; car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. « 
Alors, quel est le Dieu que nous servons ?
Ex 20.13  » Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face. « 
Ex 20:4-5: « Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point; « 



Quels sont nos sentiments vis-à-vis de Dieu ?
Les déceptions
J’ai lu l’histoire d’une petite fille de 9 ans, Valentine. Un jour, elle fut tirée dans un véhicule, violée et jetée dans la rue.
Cette petite a grandi et, à l’âge de 50 ans, elle se demande encore comment Dieu a pu permettre cela. Pendant des années, à l’église, elle a fait semblant d’être bien.
C’est une déception extraordinaire. Le prophète Jérémie est passé par un chemin similaire, il écrit:
Jér 14;8-9: « Toi qui es l’espérance d’Israël, Son sauveur au temps de la détresse, Pourquoi serais-tu comme un étranger dans le pays, Comme un voyageur qui y entre pour passer la nuit? Pourquoi serais-tu comme un homme stupéfait, Comme un héros incapable de nous secourir ? Tu es pourtant au milieu de nous, ô Eternel, Et ton nom est invoqué sur nous: Ne nous abandonne pas! « 
Ce Dieu est « étranger » il n’est pas conforme à l’idée que nous nous faisons de lui. C’est d’ailleurs l’argument majeur utilisé par les personnes qui ne veulent pas de la foi : « Si Dieu existait, il ne permettrait pas ceci ou cela…»
Elles ne peuvent admettre l’existence d’un Dieu qui ne soit pas conforme à l’image qu’elles s’en font.
ll est d’ailleurs étonnant de constater que de nombreuses personnes se disent incroyantes; pour elles, Dieu n’existe pas. Mais quand il arrive des événements malheureux, c’est ce Dieu inexistant qu’on accuse !
La trahison
Il arrive que nous soyons en colère contre Dieu. Il est également assez fréquent que dans la vie chrétienne, nous luttions davantage contre Dieu que contre le malin. La colère prend naissance dans un sentiment d’injustice ou de trahison.
Ce qui est dangereux, ce sont les conséquences que peut engendrer la colère.
La bible ne dit pas que la colère est toujours mauvaise parce que Dieu lui-même s’est mis en colère; elle dit qu’elle doit être juste et contrôlée, ce qui est très difficile, voire impossible aux hommes. L’homme colérique est infréquentable parce qu’il se laisse emporter par la violence.
Prov 19/19: « Celui que la colère emporte doit en subir la peine; Car si tu le libères, tu devras y revenir. « 
Prov 22124: « Ne fréquente pas l’homme colère, Ne va pas avec l’homme violent. « 
La colère vient donc d’un sentiment d’injustice, de trahison. En fait, elle vient parce qu’une « loi » ou un « principe » qui nous habite a été transgressé. Par exemple, l’Ecriture parle de la colère de Dieu en ces termes :
Rom 4:15  » parce que la loi produit la colère, et que là où il n’y a point de loi il n’y a point non plus de transgression. »
C’est là l’expression d’un phénomène normal, « la loi produit la colère ». Nos cœurs sont souvent remplis de lois et de principes.
Quand nous avons le sentiment d’être trahi par Dieu, nous sommes en colère contre lui. Cette colère n’est d’ailleurs pas toujours exprimée, mais cela veut dire que Dieu a « transgressé » une règle, une loi que nous avions dans le cœur.
Ces lois ou ces principes qui nous habitent sont peut-être venus de notre vécu ou de notre recherche honnête de Dieu. Par exemple: « Dieu est amour ». Voilà un principe que nous retenons facilement. Par conséquent, lorsqu’un événement dramatique survient, nous avons l’impression d’être trompés.
A nos yeux, c’est une trahison, une amitié brisée: « Seigneur tu n’as pas tenu tes promesses. Tu es responsable de ma souffrance, n’est-il pas écrit que tu es amour ? »
L’amitié implique la loyauté. Quand une personne entre dans notre cœur, on ne peut pas admettre la trahison.
La colère vient parce que nous pensons que Dieu a « rompu le contrat ». Et ceci d’autant puisque jusque là, nous le servions avec joie !
De nombreux hommes de Dieu sont passés par ces sentiments:
Ps 2212: « Mon Dieu! Je crie le jour, et tu ne réponds pas; La nuit, et je n’ai point de repos. « 
Jér 16:17-18 : « Je ne me suis point assis dans l’assemblée des moqueurs, afin de m’y réjouir Mais à cause de ta puissance, je me suis assis solitaire, Car tu me remplissais de fureur. Pourquoi ma souffrance est-elle continuelle? Pourquoi ma plaie est-elle douloureuse, et ne veut-elle pas se guérir ? Serais-tu pour moi comme une source trompeuse, Comme une eau dont on n’est pas sûr? « 
Job 30/19-31 : » Dieu m’a jeté dans la boue, Et je ressemble à la poussière et à la cendre. Je crie vers toi, et tu ne me réponds pas; Je me tiens debout, et tu me lances ton regard. Tu deviens cruel contre moi, Tu me combats avec la force de ta main. Tu me soulèves, tu me fais voler au-dessus du vent, Et tu m’anéantis au bruit de la tempête. Car, je le sais, tu me mènes à la mort, Au rendez-vous de tous les vivants. Mais celui qui va périr n’étend-il pas les mains? Celui qui est dans le malheur n’implore-t-il pas du secours? N’avais-je pas des larmes pour l’infortuné? Mon cœur n’avait-il pas pitié de l’indigent? J’attendais le bonheur, et le malheur est arrivé; J’espérais la lumière, et les ténèbres sont venues. Mes entrailles bouillonnent sans relâche, Les jours de la calamité m’ont surpris. Je marche noirci, mais non par le soleil; Je me lève en pleine assemblée, et je crie. Je suis devenu le frère des chacals, Le compagnon des autruches. Ma peau noircit et tombe, Mes os brûlent et se dessèchent. Ma harpe n’est plus qu’un instrument de deuil, Et mon chalumeau ne peut rendre que des sons plaintifs. « 
On raconte l’histoire d’une femme, Jeanne, qui avait consacré sa vie au service du Seigneur. Elle lui avait donné son énergie, son temps, son argent.
Un jour, sa petite fille a été victime d’abus sexuels. Pourquoi cette petite n’a-t-elle pas été protégée ? N’était-elle pas protégée par le sang de Christ et par les prières de Jeanne ?
L’Abandon
Quand arrive ce genre de malheur et que « Dieu ne fait rien et n’a rien fait pour l’empêcher», nous nous sentons seul ! Même si des amis sont là pour nous entourer.
C’est le vide, parce que nous attendions autre chose de la part de Dieu, de ce qu’on imaginait.
ll est des événements pour lesquels nous ne sommes pas préparés. Alors la réaction humaine est de dire ou penser: « Si Dieu n’a pas l’intention de nous traiter correctement, pourquoi devrions-nous avoir à faire avec lui ? ».
Beaucoup de personnes arrêtent leur chemin vers Dieu à ce stade et font demi-tour.
Elles peuvent alors soit « vivre leur vie pleinement », soit sombrer dans une grande tristesse ou dans l’indifférence ou bien dans le rejet de Dieu, soit encore « aimer, aimer et encore aimer leur prochain » comme si elles avaient besoin d’expliquer à Dieu ce que c’est que l’amour ! Puisque lui, n’a rien compris !
Il est des manières de vivre qui sont des colères pédagogiques pour, en quelque sorte, expliquer à Dieu comment il devrait se comporter.
Il n’empêche que la relation avec lui est brisée, la colère est au fond du cœur et c’est cette solitude qu’on essaye de combler de toutes sortes de manières.
Elie a ressenti cela lorsqu’après avoir servi Dieu toute sa vie, il ne comprend pas pourquoi Jézabel règne en maîtresse et le poursuit pour le mettre à mort.
Elie, ce grand prophète, demande la mort, il déprime et veut disparaître. C’est, d’ailleurs, très étrange, car en deux versets qui se suivent, il cherche à sauver sa vie puis il veut mourir. En fait il ne veut pas mourir de la main de Jézabel ce qui serait un échec total, mais en même temps il ne comprend plus son Dieu et préfère disparaitre.
1 Rois 19/34: » Elie, voyant cela, se leva et s’en alla, pour sauver sa vie. Il arriva à Beer-Schéba, qui appartient à Juda, et il y laissa son serviteur. Pour lui, il alla dans le désert où, après une journée de marche, il s’assit sous un genêt, et demanda la mort, en disant: C’est assez ! Maintenant, Eternel, prends mon âme, car je ne suis pas meilleur que mes pères. « 




Pourquoi ont-ils fait un veau d’or ?
Lorsque les Hébreux ont quitté l’Egypte, ils ont assisté à de grands et redoutables phénomènes : les 10 plaies d’Egypte. Un homme osait affronter le pharaon au nom d’un Dieu que personne ne connaissait, sinon qu’en lointains souvenirs.
Quand tout ce peuple s’est trouvé coincé entre la mer et l’armée de pharaon, il a encore assisté à un grand prodige lorsque Moïse a levé son bâton. : La mer s’est ouverte en deux !
Mais au fond, ce Dieu, ils ne le connaissaient pas et le voilà qui les emmène dans un désert dans lequel l’eau est mauvaise, les conditions de vie sont épouvantables. Seul un homme, Moïse arrive à résoudre les problèmes lorsqu’ils se présentent, parce que lui seul parle avec Dieu.
Par conséquent tout passe par Moïse. Personne d’autre n’a de relation avec ce Dieu. Pouvons- nous imaginer un Dieu qui ne se montre qu’à travers des cataclysmes et des prodiges ?
Pensez à Moïse, le seul homme qui parle avec ce Dieu: c’est un être à part. Sans lui que va-t-il arriver ?
Or, c’est justement ce qui se produit : Moïse s’en va dans la montagne de Sinaï et on ne sait ce qu’il devient !
Le désert est terrible, on ne s’imagine la difficulté d’attendre 40 jours, et peut-être plus, sans la présence de celui qui parle avec Dieu et qui peut résoudre les problèmes quotidiens… Alors, l’humain reprend le dessus :
Ex 32/1 : « Le peuple, voyant que Moïse tardait à descendre de la montagne, s’assembla autour d’Aaron, et lui dit : Allons! Fais-nous un dieu qui marche devant nous, car ce Moïse, cet homme qui nous a fait sortir du pays d’Egypte, nous ne savons ce qu’il est devenu. « 
ll y avait un vide, l’homme qui les conduisait avait disparu. Ce vide, ils vont le combler avec des moyens humains, car il faut toujours le combler.
C’est une nécessité pour les êtres humains de croire à quelque chose, de mettre sa confiance dans quelque chose.
Même les personnes qui se disent athées mettent leur foi en quelque chose: la science, l’écologie, l’argent, la nature humaine, la philosophie, la politique, l’aide humanitaire, la force, la femme ou l’homme de leur vie, leurs enfants etc…. On trouve toujours une source d’espérer et de croire pour avancer dans la vie et donner un sens à sa vie.
N’est-ce pas ce que les Hébreux ont fait ?
Bien entendu, à notre époque un « veau d’or » ce n’est plus à la mode. Mais l’objectif du veau d’or était bien de les conduire dans leur chemin.
Il fallait un guide, un fil conducteur à leur vie, un sens. Qu’allons-nous devenir dans ce désert ?
Le veau d’or c’est un retour à ce qu’on connaît, aux « valeurs sûres » de l’humain. Ils se sont fait un Dieu selon leur conception.
Ex 32:2-6: « Aaron leur dit Otez les anneaux d’or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles, et apportez-les-moi. Et tous ôtèrent les anneaux d’or qui étaient à leurs oreilles, et ils les apportèrent à Aaron. ll les reçut de leurs mains, jeta l’or dans un moule, et fit un veau en fonte. Et ils dirent: Israël! Voici ton dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte. Lorsqu’Aaron vit cela, il bâtit un autel devant lui, et il s’écria: Demain, il y aura fête en l’honneur de l’Eternel ! Le lendemain, ils se levèrent de bon matin, et ils offrirent des holocaustes et des sacrifices d’actions de grâces. Le peuple s’assit pour manger et pour boire; puis ils se levèrent pour se divertir. « 
Notez bien que ce Dieu est bien unique, on lui attribue tous les prodiges de la sortie d’Egypte et, au bout du compte, il amène la joie et la tranquillité. Ce veau, ils ne l’appellent pas « veau », ils le nomment: « l’Eternel ».
Qu’attendons-nous de Dieu ?
Nous ne sommes pas toujours conscients du fait que nous avons des « clichés » sur Dieu. En voici quelques-uns qui vous feront peut-être rire.
Le Dieu Père Noël
C’est un Dieu brave qui distribue des cadeaux. Il regarde qui est sage et qui ne l’est pas. Mais au bout du compte, c’est Noël!, il pardonne et tout le monde a son cadeau.
Par exemple, ma mère disait que Dieu est tellement bon, que tout le monde sera sauvé au bout du compte.
Dans ce cas, on se demande pourquoi Jésus est venu mourir pour le salut de ceux qui se repentent ? Puisque les autres aussi seront sauvés ! Il suffit de patienter….
Le Dieu grand-père
C’est un bon grand père un peu sénile qui « aime voir les jeunes s’amuser ». A la fin de tout, son plan est de pouvoir dire « C’est bien, tout le monde a pris du bon temps ». Comme c’est un grand-père et non un père, il ne punit pas.
Pas de chance, l’Ecriture nous dit que Dieu est un Père et que, ce faisant, il nous éduque comme un père doit le faire.
C.S. Lewis a écrit ceci : « J’aimerais sans doute beaucoup vivre dans un univers gouverné de cette façon. Mais puisqu’il est tout à fait clair que ce n’est pas le cas, et puisque j’ai des raisons de croire, néanmoins, que Dieu est amour, j’en conclus que ma concession de l’amour doit être corrigée. »



Le Dieu policier de la route
C’est un Dieu qui aime la justice. Le tricheur doit être puni. L’irritation est grande quand le mal domine. Pourquoi notre Dieu ne punit-il pas ?
Par exemple: je roule à 97 km/h sur une route limitée à 90 km/h. D’un coup, un « fou » me double à 140 km/h. Je fulmine et espère qu’il se fera prendre ! Que justice soit faite ! Oui, mais moi aussi je dépasse la vitesse autorisée… oui, mais pour moi, c’est moins grave n’est-ce pas !
Cela s’appelle l’hypocrisie.
Venons-en à ce cliché: Dieu n’a jamais dit que les malfaisants seraient frappés sur le champ. Au contraire, Jésus nous a enseigné que l’ivraie pousse avec le blé !
Si Dieu frappait à tour de bras : comment serait-il aimé ?
Si Dieu récompensait à tour de bras : pourquoi serait-il aimé ?
Le Dieu bon génie
Ce Dieu répond à nos requêtes, pourvu qu’on fasse quelque acte, serment ou rituel. On passe une sorte de marché avec ce Dieu-là.
Par exemple, on pense que Dieu répondra à nos prières, sous-entendu comme nous le souhaitons bien sûr, si nous faisons ce qui lui plait (ou que nous pensons qui lui plait).
Nous savons bien que Dieu est tout puissant, et on aimerait tellement qu’il finisse par « céder » après un jeûne par exemple ! Ou un, don financier, ou une promesse, ou encore un cierge.
Cela s’appelle « faire du commerce » !
Quand on est honnête avec Dieu, il répond toujours à nos prières. Mais en son temps et pas forcément comme on l’aurait voulu. C’est ça qui est ennuyeux ! On ne « force » pas la main de Dieu.
Nous pouvons supplier le Seigneur, nous ne pouvons pas le faire plier.
Matt 6/7-8 : « En priant, ne multipliez pas de vaines paroles comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas; car votre père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. « 
Le Dieu Super Star
C’est un Dieu dont on est « fan », on connait tout de lui : ses écrits, ses exploits, sa vie. Bref, on n’a que lui à la bouche. On amène les amis aux réunions, parce qu’il va faire quelque chose: guérison, prophétie, chant en langues etc…
En fait, on le connait comme on connaît le président de la république ou comme on connaît Johnny Halliday. Mais quelle relation y a-t-il vraiment avec lui ?

Et toutes les autres images de Dieu…
On peut encore citer le « Dieu comptable » prêt à faire payer toute incartade.
Le « Dieu religieux » qui exige des sacrifices, des neuvaines et autres rites.
Le « Dieu grand maître spirituel » sorte de gourou sur un piédestal dont on vénère la statue.
Le Dieu distributeur de bénédictions comme la machine à café etc…
Quelques réflexions
Warren Ulliersbe :
« Job représentait une menace pour ses amis. Son expérience remettait en question la validité de leur théologie bien ficelée… Ils ne s’intéressaient pas vraiment à Job comme un être plongé dans la souffrance. Job représentait avant tout pour eux un problème dont ils devaient se débarrasser et non pas comme une personne qu’il fallait encourager ».
Komelis Miskotte :
En parlant d’Auschwitz il disait: « On peut toujours croire au Dieu qui a permis ce qui est arrivé, mais peut-on encore lui parler ? »
Ronald Dunn :
Dans son livre « Quand le ciel est silencieux », il explique que se reposer sur Dieu ne protège pas des blessures. Il ajoute que la foi dépendante de la prospérité n’est pas authentique.
Il écrit encore: « Job comprenait désormais que la doctrine orthodoxe en laquelle il avait cru toute sa vie était fausse. Sa théologie ne résistait pas au poids de la réalité. »
Il ajoute : « Parfois, nous nous trouvons isolé des autres parce que Dieu œuvre dans notre vie d’une façon différente, d’une façon inhabituelle et peut-être anti conformiste. Si différente, si anti conformiste qu’ils ne peuvent la considérer que comme un jugement ou une punition. A l’instar des amis de Job, ils doivent nier l’intégrité de la victime afin de défendre leur vision. »
 »« Mais la plus grande des solitudes n’est pas provoquée par l’isolement de la famille, des amis, de la société, mais bien le soupçon d’avoir été abandonné par Dieu.
Les plus courageux viennent me voir après le culte. Je les aperçois du coin de l’œil. Ils ne s’approchent pas avant que je sois seul, avant que je finisse de saluer les gens et de serrer les mains. Certains abandonnent et retournent chez eux. Mais d’autres restent, traînant innocemment, un peu à l’écart de la foule. Quand je suis enfin seul, ils s’approchent et lançant des regards furtifs, ils s’expriment avec des paroles circonspectes, en murmurant, la gorge nouée. Ils ne connaissent que les ténèbres.
Ils sont des parias, parce qu’ils souffrent d’une affliction spirituelle. Ils représentent une source d’embarras pour les autres membres de l’église de la bonne humeur. Ils répugnent à avouer leurs ténèbres, de crainte d’entendre toujours les mêmes abominations : « repens-toi », « crucifie la chair », « compte tes bénédictions », « sois reconnaissant de ne pas avoir le cancer ».
Je pense que certains seraient prêts à échanger leurs ténèbres contre le cancer. Au moins alors, ils pourraient reconnaître leur douleur et trouver aide et réconfort.
Qu’est devenu le veau d’or ?
Quand on analyse le processus qui a amené les Hébreux à se faire un veau d’or, nous voyons que ce peuple n’avait pas de relation intime avec ce Dieu qui se disait être « leur Dieu ». En fait, ils ne connaissaient Dieu que par un intermédiaire. Cela les a conduits à avoir un comportement irrespectueux envers le vrai Dieu. Nous aurions sans doute fait de même.
Quand Moïse est revenu de la montagne, il ne pouvait pas enseigner ce peuple, parce que celui-ci pensait avoir trouvé la vérité dans le veau d’or, et la joie était au rendez-vous.
Alors, il a brisé les tables de la loi. Il fallait d’abord détruire, une fois pour toutes, la fausse image que le peuple se faisait de Dieu.
Ex 32/19-20: « Et, comme il approchait du camp, il vit le veau et les danses. La colère de Moïse s’enflamma; il jeta de ses mains les tables, et les brisa au pied de la montagne. ll prit le veau qu’ils avaient fait, et le brûla au feu; il le réduisit en poudre, répandit cette poudre à la surface de l’eau, et fit boire les enfants d’Israël. « 
Notez bien qu’en la circonstance le peuple n’était pas enseignable, par contre le veau a été réduit en poussière et ils l’ont eu « dans l’estomac ». lls ont donc dû le « digérer » !
Quelle curieuse méthode ! Je pense que de nos jours, Moïse serait passible d’un tribunal international après un tel traitement.
Cependant, que faut-il comprendre ? C’est que quelquefois, nous avons de tels clichés tenaces sur Dieu, de telles forteresses de pensées, qu’il faut un événement particulier dans notre vie pour le mettre en évidence et le détruire définitivement. Nous devons, en quelque sorte, le manger et le digérer !
Nous voyons qu’après avoir fait « boire » le veau d’or au peuple, Moise propose un choix et déclare une purification :
Ex.32: 26-27: » Moïse se plaça à la porte du camp, et dit A moi ceux qui sont pour l’Eternel ! Et tous les enfants de Lévi s’assemblèrent auprès de lui. ll leur dit: Ainsi parle l’Eternel, le Dieu d’Israël: que chacun de vous mette son épée au côté; traversez et parcourez le camp d’une porte à l’autre, et que chacun tue son frère, son parent. « 
Que faut-il comprendre ?
C’est que lorsque l’image que nous nous sommes faite de Dieu est détruite, il y a un choix: voulons-nous chercher et continuer avec Dieu ou nous arrêter ? Si nous continuons, il faudra purifier nos vies, j’allais dire « purger » nos vies de ce qui est faux.
Nous remarquons bien souvent qu’après un « coup dur » de la vie qui a détruit les idées fausses, certaines personnes cherchent à se rapprocher de Dieu et d’autres s’en éloignent le plus possible.
C’est le choix proposé par Moïse aux Hébreux:
Qui sont ceux pour l’Eternel ?
Quand Jésus voyait un malade, il disait « que veux-tu que je fasse ? » ou encore: « veux-tu être guéri ? ». Comme si cela n’était pas évident !
En réalité, Jésus disait : « as-tu réfléchi au sens de la guérison ? »
Et bien non, ce n’est pas évident ! Certaines personnes ne souhaitent pas être guéries. Parfois pour ne pas perdre les allocations, d’autres fois pour continuer à être bien entourées affectivement, ou encore parce qu’alors il faudrait aller travailler, ce qui nécessite du courage et une réadaptation etc….
Bref, quand l’image qu’on s’est faite de Dieu est cassée, on peut se laisser soigner par Dieu ou alors s’éloigner et prendre en main la situation soi-même, parce qu’on sait ce qu’on a, on ne sait pas ce qu’on aura !
Comment Dieu soigne-t-il ?
Nous avons besoin d’être guéris de nos constructions mentales. Pour cela, Dieu nous a laissé des remèdes. ll est écrit :
Prov 18/21 : « La mort et la vie sont au pouvoir de la langue: Quiconque l’aime en mangera les fruits. »
La question est donc: « Quelle parole aimons- nous manger ? ». Quelqu’un a dit: « On guérit toujours par la parole d’un autre. »
Guérir ce n’est pas retrouver l’état dans lequel on était avant la maladie. On entre dans la maladie dans un état mental, on en sort dans un autre état mental.
La parole de Dieu est l’aliment qui peut guérir nos vies, changer nos mentalités et construire une bonne relation avec Dieu.
Par exemple, nous avons vu plus haut qu’Elie voulait mourir dans le désert, parce que sa conception du Dieu « justicier » venait d’éclater en morceaux. Que s’est-il passé ?
I Rois 19: 5-6: « ll se coucha et s’endormit sous un genêt. Et voici, un ange le toucha, et lui dit Lève-toi, mange. Il regarda, et il y avait à son chevet un gâteau cuit sur des pierres chauffées et une cruche d’eau. Il mangea et but, puis se recoucha. L’ange de l’Eternel vint une seconde fois, le toucha, et dit: Lève.toi, mange, car le chemin est trop long pour toi. Il se leva, mangea et but; et avec la force que lui donna cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à la montagne de Dieu, à Horeb. »
Nous constatons que Dieu prépare pour lui une nourriture céleste adaptée. Elie n’en peut plus, il est « sans programme », n’ayant plus rien à faire, il dort pendant qu’un ange lui prépare le repas !
Il arrive qu’après un événement douloureux nous soyons « assommés, KO ». Au fond, quand une personne est tombée à l’eau, il faut parfois l’assommer pour arriver à la sortir de l’eau vivante. Sinon elle se débat et coule avec son sauveteur. Dieu pratique parfois de cette manière.
C’est un temps pour se nourrir, manger un repas spirituel que nous n’aurions pas mangé autrement.
ll faut parfois des événements douloureux pour que nous redevenions « enseignables » par Dieu, capables d’écouter autre chose que nos certitudes.
En terme moderne, cela s’appelle un « recadrage ». Dieu recadre Elie et lui montre une autre façon de voir, une autre facette de sa personne:
1 Rois 19:11-12: « L’Eternel dit Sors, et tiens-toi dans la montagne devant l’Eternel! Et voici, l’Eternel passa. Et devant !’Eternel, il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers: l’Eternel n’était pas dans le vent. Et après le vent, ce fut un tremblement de terre: l’Eternel n’était pas dans le tremblement de terre. Et après le tremblement de terre, un feu: l’Eternel n’était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger. « 
Elie est obsédé par une question qu’il ne dit pas clairement, une question que tous les hommes se posent: « Pourquoi ? »
Dans ces moments spéciaux, c’est toujours la même question qui revient. « J’ai fait ceci et cela pour te servir et voilà ce qui m’arrive. Pourquoi ? ».
J’ai beaucoup travaillé pour élever mes enfants et maintenant ils m’abandonnent… pourquoi ?
Toute ma vie j’ai pensé aux autres, à présent je suis seul… Pourquoi ?
Vous remarquerez qu’Elie explique à Dieu plusieurs fois ce qu’il a fait pour le servir et Dieu fait comme s’il n’entendait pas Au contraire, il dit : « Que fais-tu ici Elie ? »
I Rois 13/9-14: « Et là, il entra dans la caverne, et il y passa la nuit. Et voici, la parole de l’Eternel lui fut adressée, en ces mots: Que fais-tu ici, Élie? ll répondit J’ai déployé mon zèle pour l’Eternel, le Dieu des armées car les enfants d’Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l’épée tes prophètes: je suis resté, moi seul, et ils cherchent à m’ôter la vie……… Quand Elie l’entendit, il s’enveloppa le visage de son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne. Er voici, une voix lui fit entendre ces paroles: Que fais-tu ici Elie? Il répondit: J’ai déployé mon zèle pour l’Eternel, le Dieu des armées; car les enfants d’Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l’épée tes prophètes; je suis resté, moi seul, et ils cherchent à m’ôter la vie. »
Dieu ne fait pas une « guérison miraculeuse », il fait réfléchir Elie en se présentant à lui autrement qu’il ne l’attendait. Ça prend du temps pour reconstruire une personne…
Conclusion
Chercher à connaître Dieu est le sort de tout homme. Il est normal que nous apprenions qui est Dieu par les Ecritures, mais aussi « sur le tas », par l’expérience… en tâtonnant !
Actes 17:26-28: « Il a fait que tous les hommes, sortis d’un seul sang, habitassent sur toute la surface de la terre ayant déterminé la durée des temps et les bornes de leur demeure; il a voulu qu’ils cherchassent le Seigneur, et qu’ils s’efforçassent de le trouver en tâtonnant, bien qu’il ne soit pas loin de chacun de nous, car en lui nous avons la vie, le mouvement, et l’être. »
ll est normal aussi que nos images de Dieu soient confrontées à la réalité, on ne change pas la réalité. Un fait est un fait…
Cependant, nous n’avons jamais tous les tenants et aboutissants. Dieu est aux cieux et nous sommes sur terre, il connaît tout et nous ne connaissons que peu de choses.
Essaie 55:9: « Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, Autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, Et mes pensées au-dessus de vos pensées. »
La théologie, c’est l’étude de Dieu…
Si notre théologie ne résiste pas à la réalité, c’est qu’elle est incomplète ou fausse !

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